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Soyez bienveillants avec les autres ; ils le valent bien

15 mai 2017 Posté par: Meryem LAHLOU 1 commentaire

J’ai une histoire personnelle avec la bienveillance qui me la fait aimer tout particulièrement. Car plus qu’une action ; c’est une valeur. C’est même « une arme massive de construction ».

 

Depuis mon démarrage dans la vie professionnelle ; j’ai beaucoup entendue parler de la bienveillance.

J’ai vue des bienveillants intéressés et des bienveillants désintéressés. Des bienveillants heureux et des bienveillants cupides ; avançant avec un « smiley » figé & cynique.

Mais regardons de plus près ce que la bienveillance permet de réaliser ; et pourquoi elle est si à la mode ici et ailleurs.

D’après toutes mes expériences, la bienveillance est un moteur de motivation, d’expression et de reconnaissance.

Elle permet d’installer un climat sain où il fait bon de respirer et de travailler ; et elle permet aussi de fidéliser les talents et les potentiels qu’on a envie de voir rester avec soi.

Comment ça marche ?

Un acte de bienveillance commence par un sourire ; un soutien ; un partage ; une action de solidarité pour le plaisir de voir les autres plus heureux ; et plus épanouis.

C’est clairement une forme d’amour de l’autre ; une intention positive. C’est une façon de lui dire : « je te vois ; je t’apprécie et je souhaite que tu te réalises pleinement».

 

Avec ma casquette de Coach ; j’ai pu constater que la bienveillance tournée vers les autres (collègues, collaborateurs, stagiaires, fournisseurs, amis, famille) leur permet de nourrir leur confiance et leur estime d’eux mêmes ; et par la même de croire en leur potentiel.

Et les recherches des neurosciences et des thérapies cognitives comportementales nous montrent que tout commence par une croyance positive qui nous fait pousser des ailes ; et nous amène à agir positivement pour soi et pour les autres.

Vous allez me dire : si c’est si extraordinaire, pourquoi s’en priver ?

Il n’y a aucune raison tout simplement sauf un choix personnel et une décision.

Si on n’est pas naturellement bienveillants ; posons-nous la question de ce qui nous empêche dans le fond ?

Et après réfléchissons sur comment développer notre intelligence émotionnelle et notre empathie ?

 

3 histoires m’ont marquée depuis le temps de mes études supérieures à aujourd’hui

  • l’histoire de la crêpière bretonne rue Odessa :

Fin des années 90, j’étais étudiante en classes préparatoires à Paris; et je cherchais un petit job pour m’occuper et surtout avoir de l’argent de poche ; argent qui allait m’être très utile pour arrondir « des fins de mois » parfois tendues.

Tous les cafés que j’avais identifiés avaient déjà leurs serveuses. Et je commençais à croire que je n’allais pas y arriver jusqu’à ma rencontre avec la dame bretonne de la rue d’Odessa.

Elle a vue certainement ma mine fatiguée et un peu déprimée car toutes mes recherches s’étaient soldées jusque là par un échec.

Elle m’a d’abord tendue la main ; caressée la joue puis m’a proposée quelque chose à manger. Et tout en me parlant gentiment ; le temps que je récupère quelques forces (c’était pas difficile, les crêpes étaient « généreuses ») ; elle a offert de me recommander à des amis à elle qui cherchaient quelqu’un pour les aider.

Je vous laisse imaginer toutes les étincelles qui se sont allumées dans mes yeux à ce moment, et l’immense gratitude que j’ai ressentie pour cette personne.

Un acte de bienveillance que je n’ai pas oublié…18 ans plus tard.

 

  • l’histoire du DG d’une grande marque de luxe

J’avais à cette époque intégrée l’ESCP (« Yes ! » enfin…); et commencée une césure dans un cabinet d’audit. Très vite j’ai constatée que ma passion des chiffres était là mais que j’avais davantage besoin d’interactions humaines et de créativité.

Alors j’ai commencé à chercher et là j’avais trouvée sur une offre de stage au sein du premier groupe de luxe français ; pour une mission d’assistante chef de produit marketing dans le département maroquinerie.

Bien sûr qu’il y’avait le côté glamour du métier où je croisais les designers et les mannequins. Bien sûr qu’ il y’avait aussi l’aspect compétitif où les stagiaires voulaient bien se faire voir de leurs managers dans le but d’être recrutées par la suite. Et puis il y’avait le côté créatif de transformer les idées de l’équipe en super produits qui allaient se vendre aux 4 coins du monde.

Vous me direz ou est la bienveillance dans le monde du luxe car selon vous « peut être » elle ne saute pas aux yeux ?

Elle était dans le sourire du DG (paix à son âme. Il est mort il y’a quelques années). Elle s’incarnait dans sa tournée des bureaux chaque matin pour saluer les personnes. Dans son intérêt sincère à tous : du plus junior au plus senior. Dans ses questions posées ; et dans son mentoring en toute simplicité. Il ne cherchait jamais à nous impressionner ou à nous montrer que son intelligence était supérieure ; mais juste à nous guider et à nous faire grandir.

Dans le fait aussi qu’un jour avec une autre stagiaire, on devait préparer la salle de réunion avec un beau merchandising ; imprimer les supports ; et ramener une cinquantaine de sacs (de la nouvelle collection) pour préparer le pricing. Sauf que ; dans la précipitation ; nous sommes tombées (au sens propre…avec les mains chargées de sacs). Un autre DG avec un palmarès aussi impressionnant ne nous aurait peut être pas remarquées ou il aurait fait semblant en tout cas. Au mieux il aurait envoyé quelqu’un nous aider. Mais lui s’était agenouillé à coté de nous, et commencer à nous aider. Transportant les sacs avec nous à la salle de réunion.

La bienveillance ne se dit pas, elle se murmure.

 

  • L’histoire du client dans le secteur transport

A cette époque j’avais commencée à exercer depuis quelques années et à accompagner des entreprises dans la formation de leurs équipes. De séminaires techniques en séminaires managériaux, les styles et cultures d’entreprises variaient. Et mon intérêt aussi.

Mais une constante que j’observais. Plus le manager avait un respect pour ses pairs, et ses interlocuteurs, plus il avait une autorité naturelle et ses idées n’étaient plus défendues par lui seul ; mais aussi par son équipe et sa hiérarchie. En bref, « ça roulait » pour lui.

Et il y a eu un jour ce team building du Codir ou la problématique principale était de prendre à bras le corps les défis actuels et à venir, et de gérer les sensibilités des uns et des autres. On m’avait briefée que les participants étaient mis à l’épreuve depuis de nombreux mois. Et l’on palpait « l’atmosphère ambiante électrique » due à des conflits larvés car souvent liés à des problèmes de définitions de territoire et de personnalités au rythme de travail différent.

Or contrairement à un autre séminaire, où le DG avait commencé la matinée par « incendier » ses équipes, et où notre équipe de coachs avaient « ramée » pour ramener la motivation et la bonne ambiance pendant quelques heures ; ce DG avait placé la barre très haut en affirmant que la bienveillance sera la valeur N°1 durant ce séminaire et après.

Et son comportement fut exemplaire : même ses interventions et ses recadrages se faisaient dans le respect des personnes, quand bien même elles avaient tort.

Je vous laisse imaginer le plaisir de travailler dans cette intention, dans cette vision. Bien sûr le climat qui s’est apaisé progressivement, avec des personnes qui se mettaient au diapason, à leur rythme.

Tous les intervenants de cette session ont gardé à ce jour un lien très positif entre eux. L’entreprise a beaucoup recruté depuis. Et les profits de ce client n’on cessé d’augmenter.

La bienveillance est bonne pour le moral, pour l’image et pour les affaires.

 

Bien sûr il y a les autres histoires ; le côté obscur de la force. Où les personnes n’ont pas été bienveillantes intentionnellement ou maladroitement. Où les jalousies et les rivalités fusaient. Où l’égo fleurissait. Où les non dits créaient un climat de malaise général.

Vous voulez savoir ?

Celles ci ne valent pas la peine d’être racontées. Leurs enseignements sont clairs.

 

Bref la bienveillance m’a non seulement fait du bien quand j’étais l’objet de celle ci ; mais elle m’a enseignée que c’était une graine à planter à chaque fois que c’est possible. Car elle inspire d’autres à devenir bienveillants ; et c’est la plus belle récompense !

 

Soyez bienveillants ; vous le valez bien

 

Meryem Lahlou

DG Compétence Plus

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  1. Ali ALAOUI MDAGHRI dit :

    Merci pour ce partage d’expérience chère Meryem 🙂

    Je constate dans les 2 dernières histoires relatées que le comportement exemplaire vient du plus haut niveau de l’entreprise. La responsabilité du top management est plus qu’évidente dans l’instauration de la bienveillance, ce dernier étant un repère pour les collaborateurs qui calqueront – pour diverses raisons – leur conduite sur celle de leurs supérieurs.

    Et c’est aussi un comportement de tous les jours, dans les plus petits gestes du quotidien comme dans les grandes décisions à prendre qui ont un impact sur la qualité de vie des collaborateurs.

    Dans la réalité “politique” des organisations (face aux enjeux de pouvoirs, d’influence et de décision), il arrive souvent que la bienveillance – tout comme de nombreuses autres valeurs morales – soient sacrifiées pour des raisons tactiques ou stratégiques. La part de libre-arbitre de l’individu entre alors en jeu ! Chacun agit selon son système de valeurs, son éducation, son expérience de vie, sa psychologie…

    Quoiqu’il en soit, la cultiver comme principe essentiel de vie en groupe, c’est se donner le maximum de chance d’en faire une réalité au jour le jour.

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